Être naturopathe aujourd’hui (formations, financement, statut, …)

Être naturopathe aujourd’hui (formations, financement, statut, …)

Vous aimez beaucoup la naturopathie mais vous ne savez pas où vous mènera votre nouvelle passion ?
Je reçois de nombreux messages concernant les reconversions professionnelles, voici donc un petit article (non exhaustif) pour évoquer les formations, les financements et le statut quand on se lance.

SE FORMER

Il existe de nombreuses formations en naturopathie en France et à l’étranger. Dans l’hexagone les formations ne sont actuellement pas reconnues par l’État et notre métier est toléré tant que nous restons dans notre rôle d’éducateur de santé. Si vous souhaitez apprendre la naturopathie pour vous et pour vos proches, mais pas forcément en faire un métier, choisissez l’école qui vous semble la plus accessible pour vous et avec laquelle vous aurez un bon feeling. C’est avant tout une histoire de transmission de passion, on en fait ensuite ce qui nous semble le plus intéressant, avec nos talents individuels !

Si vous souhaitez en faire un métier, je vous recommande de choisir une formation avec un minimum de 1200 heures + un stage (ou plusieurs) + un mémoire + des enseignements pratiques (pas seulement théoriques concernant les massages, la réflexologie, l’hydrologie, etc…). Si vous étudiez à distance, vous pouvez ajouter des modules en présentiel dans votre école ou dans un autre centre de formation si vous en ressentez le besoin.

Je vous recommande de jeter un oeil aux formations soutenues par la Féna (Fédération française des écoles de naturopathie qui regroupe pour l’instant 6 écoles – il en existe d’autres très bien hors fédération, voir syndicats), par le syndicat SPN (Syndicat des spécialistes de la naturopathie) et par le syndicat Omnes (Association professionnelle de naturopathes), qui sont les plus actifs aujourd’hui.

La plupart des centres de formation offrent plusieurs formules : temps plein (généralement 1 an) ou temps partiel (2 à 4 ans). J’ai opté pour la formation proposée en 3 ans par l’institut Isupnat à Paris, mais il faut compter un peu plus de temps pour passer l’examen de la fédération, faire un stage et rédiger un mémoire de fin d’études (compter 3 ans 1/2 – 4 ans en tout). Cette période m’a paru juste pour moi, elle m’a permis de bien assimiler ce que j’apprenais et surtout de tester les différentes cures ! La naturopathie n’est pas une affaire de mental, elle doit s’intégrer dans le corps.

Je parle dans cet article de mes stages à l’étranger et je donne plus d’informations sur ma reconversion, je recommande de faire le plus de stages possibles pour ouvrir le champ des opportunités : en boutiques bio, en restaurant healthy, en centre de jeûnes en France et à l’étranger… Plus tôt on se lance plus vite on sait ce qu’on a envie de faire avec ses connaissances en naturopathie, et c’est un cercle vertueux : on se sent capable et on se jette à l’eau. Je connais trop de naturopathes qui se sont formés et qui sont restés dans leur ancien job par peur de se lancer ou par confort.

À l’étranger les formations sont différentes, par exemple au Canada et aux USA les naturopathes sont docteurs en médecine naturelle (ND – Naturopathic Doctor) et étudient 4 ans minimum en temps plein. Je vous invite à suivre l’excellent congrès ICNM qui se tient chaque année le 1er weekend de juillet, l’occasion de rencontrer des naturopathes d’horizons lointains, c’est très enrichissant !

 

Comment financer sa formation ? C’est la question qui revient le plus souvent, avec « pourrais-je vivre du métier après avoir utilisé une belle partie de mes économies pour financer la formation ? ». Pour la première question, si vous êtes salarié(e) je vous invite à consulter les possibilités de financement avec vos OPCA ou équivalents, ils financent parfois tout ou partie de la formation. Si vous êtes demandeur d’emploi, il arrive aussi que la formation soit prise en charge (oui oui) mais c’est rare, cela va beaucoup dépendre des budgets disponibles sur le moment et de vos interlocuteurs. Enfin si vous n’êtes ni l’un ni l’autre, il vous faudra débourser le montant de la formation de votre poche (avec l’aide peut être de la banque). L’option maline : faire appel aux financements participatifs auprès de vos proches, en utilisant les dates charnières de vos anniversaires/fêtes de fin d’année pour relancer autour de vous. Vous pouvez aussi proposer des contributions avec retour sur investissement en offrant des consultations au fil de votre formation. Je vous recommande chaleureusement On participe, qui partage les valeurs de la naturopathie.
Pour la deuxième question… voir plus bas.

 

S’INSTALLER

On devient rarement naturopathe du jour au lendemain, à moins d’avoir de gros moyens et beaucoup de temps devant soi à consacrer au développement de l’activité. C’est plutôt une révolution douce, on commence à faire des consultations auprès de ses amis et de sa famille (souvent gracieusement), puis auprès d’amis d’amis (qui commencent à payer une petite somme) avant de s’installer en consultation quelques demi-journées par semaine.

Installée depuis 1 an 1/2 j’ai fait appel à mon réseau pour trouver mes cabinets, dans lesquels je suis invitée et je reverse un pourcentage de mes consultations, je n’ai donc pas de frais fixes en ce qui concerne les murs. Il faut s’acquitter d’une assurance professionnelle (j’ai rejoins le syndicat SPN) et il est utile d’utiliser un système de réservation qui nous rend plus visible. Je suis sur Doctolib.fr (99 euros par mois) ainsi que sur Bliss You (15% de commission).

 

J’ai choisi le statut d’auto-entrepreneur, plus flexible et simple d’utilisation que le statut libéral. Il y a aussi moins de cotisations (22,5 %). J’ai longuement hésité avec la coopérative d’activité (régime assimilé salarié) et j’ai même été acceptée chez Port Parallèle (il faut assister à une demi-journée de présentation puis prendre un rendez-vous pour présenter son projet, s’il est viable on rentre dans la coopérative). La première solution n’offre pas de cotisation chômage ni en cas d’accident ou d’arrêt maladie prolongé (la crainte du libéral/auto-entrepreneur : être en arrêt plus ou moins long sans revenus). La seconde, moyennant une retenue sur chiffre d’affaire plus importante (50% en tout quand même) met relativement à l’abri d’un pépin.

L’auto-entreprise me convient bien car tout se passe en ligne et je suis plutôt mobile. Les modalités de création de compte se font très rapidement sur internet, tout comme le suivi. Le chiffre d’affaire se déclare par trimestre et le paiement se fait automatiquement par prélèvement. Le plafond de chiffre d’affaire à ne pas dépasser est de 33 200 euros par an. Vous trouverez toutes les infos utiles sur le Portail Auto-Entrepreneur.

Le statut d’auto-entrepreneur est cumulable avec le statut de salarié si votre contrat de travail l’autorise, ainsi qu’avec le statut de demandeur d’emploi (si vous êtes indemnisé(e) le calcul se fait en fonction de votre chiffre d’affaire et de vos droits), ou encore avec celui d’auteur. Petit bémol à noter également : on ne peut pas déduire les charges (loyers, assurances etc.).

 

EN VIVRE

La naturopathie est un art de vivre plus qu’un « métier ». On y vient souvent parce qu’on a envie de prendre soin de soi, ou de ses proches. C’est une activité encore peu connue en France, même si elle gagne du terrain et que le grand public est de plus en plus curieux. Il faut souvent compter plusieurs années pour vivre décemment des consultations, et  beaucoup de temps à se faire connaître dans sa zone géographique : ateliers, conférences, partenariats, création de contenu pour des journaux ou des sites internet…

Contrairement à d’autres approches thérapeutiques, la naturopathie n’invite pas à consulter chaque mois (et c’est très bien comme ça !), il faut donc renouveler constamment sa clientèle. Avec le temps le bouche à oreille permet de pérenniser l’activité.

Il est utile de diversifier ses activités et de proposer des techniques manuelles (massages, reflexologies) ou une autre approche complémentaire. J’ai moi-même choisi l’EFT afin d’accompagner le travail sur les émotions, je me suis formée aux techniques Emotional freedom technique (EFT) et Matrix reimprinting, mais aussi en psychopathologie/psycho-développement de l’enfant et en coaching/PNL/hypnose. J’ai complété ma formation avec un an d’Ayurveda. Comment savoir ce qui est fait pour vous ? Essayez les techniques, assistez à des réunions de présentation, rencontrez les thérapeutes… C’est une affaire de rencontres, et de plaisir. J’ai croisé l’EFT en 2ème année de naturopathie alors que j’étais en stage à Hawaï (la technique est très utilisée aux Etats-Unis) et j’en suis tombée amoureuse, je l’ai utilisée sur moi pendant plusieurs mois et je me suis lancée.

 

Mon ami Franck, fondateur d’une plateforme bientôt en ligne (Nusquama, à suivre !), me dit souvent « NATURE LOVES COURAGE », alors faites vous confiance et lancez vous, même si vous ne savez pas encore très bien où votre nouvelle passion vous mènera. 

 

À découvrir aussi :
L’article : Devenir naturopathe, pourquoi et quels débouchés ?

Le site Nana Turopathe, fondé par la géniale Christelle Martin, qui propose une naturopathie moderne et accessible.

La page Facebook de La naturopathie pour les nuls.


Commentaires

  1. Bonjour ! Je tombe ici un peu par hasard ! Ton parcours est impressionnant et fascinant ! Je me suis inscrite à des cours de Naturopathie à distance mais je sent que les cours ne sont pas du tout complet (cest pour sa a mon avis que j’ai payé une petite somme comparé aux sommes assez conséquente que je peux voir ailleurs) je la fais via le biais de formalis je ne sais pas si tu connais. Le financement me pause énormément de problème. Je sent bien qu’avec la formation que je fais actuellement je ne peux pas aller en profondeur.

    • Anne-Claire Meret : septembre 8, 2017 at 11:55

      Bonjour Angélique ! Merci beaucoup pour ton message. Je pense que c’est une bonne base de départ, et que de toute façon tu auras envie d’approfondir selon les envies et les talents qui sont les tiens. Je crois aussi que l’argent vient quand on en a besoin (facile à dire tu me diras…), je n’en ai jamais eu beaucoup mais j’ai eu assez. J’ai pu troquer mes compétences pendant ma formation pour continuer à vivre à Paris et ce n’était pas chose facile au début, c’est un travail constant sur la peur de manquer ! Je te souhaite beaucoup de succès et de plaisir dans tes formations futures, à bientôt ! Anne-Claire

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Lire les articles précédents :
Ma pharmacie naturelle, mes essentiels de voyage

Actuellement en voyage en Asie pour quelques mois, voici ma petite liste d'essentiels de voyage de naturopathe. J'aimerais être de celles qui voyagent léger mais j'ai toujours trop de vêtements, trop de chaussures et plein de produits (je dépasse rarement les 17-18 kilos, de toute façon je suis incapable de...

Fermer