Emprunter le chemin du pardon, pour se guérir

Emprunter le chemin du pardon, pour se guérir

« Tu n’iras pas vraiment bien tant que tu n’auras pas pardonné » m’avait dit il y a quelques années un charmant collègue psy et naturopathe du Kenya avec beaucoup de bienveillance. À l’époque j’avais haussé les épaules en répondant que j’avais déjà bien avancé sur mes noeuds émotionnels et que je faisais ce que je pouvais. Depuis j’ai mieux compris ce qu’il voulait dire, comme tout le monde je gardais beaucoup de rancoeurs qu’il avait devinées autour du dîner que nous venions de partager. Bien attachée à mes blessures – puisqu’on m’avait fait du mal je ne voulais rien oublier – je ne pouvais pas lâcher. J’ai découvert que la route est longue sur le chemin du pardon, mais si juste et si puissante… si ça vous dit, on y va ensemble ?

 

Le pardon est un chemin…

Contrairement aux injonctions que nous avons apprises enfant « pardonne à ton frère », « demande pardon à la voisine »,  le pardon ne se contrôle pas ! Impossible de forcer les choses.

On se rend compte un jour que l’on est passé à autre chose, malgré nous, comme si l’énergie de pardon avait finalement décidé de nous rendre visite, lorsque le cœur est prêt. On peut choisir de se mettre en chemin, de créer un environnement intérieur propice au pardon, pour se rapprocher de la paix pour soi. Olivier Clerc, fondateur des cercles de pardon dit qu’il y a a « du cholestérol émotionnel qui s’installe dans les artères du coeur » et qu’il ne tient qu’à nous de l’empêcher de nous rendre malade. La naturopathe que je suis trouve l’image très juste, si on n’hérite pas toujours de la meilleure santé possible, on a toujours la main pour faire quelque chose.

Le chemin du pardon s’aborde pour soi, pour vivre l’expérience de la libération et se guérir soi. Il est probable qu’elle impactera les autres, que l’on choisisse de leur en parler ou non, physiquement ou énergétiquement, mais ce n’est pas important. C’est une démarche individuelle, qui nous aide à reprendre la responsabilité de notre monde intérieur et de notre bien-être.

S’engager sur ce chemin personnel n’engage que nous et permet de demander pardon à des personnes qui ne le font peut-être jamais/à pardonner des personnes qui ne sont plus dans nos vies/à nous pardonner nous-mêmes.

C’est le coeur qui pardonne, pas la tête. La tête est là uniquement pour apporter le discernement, se mettre au service du coeur. Pour avancer sur le chemin du pardon il faut lâcher ce que l’on croit savoir du pardon, les notions erronées qui ne font que nous culpabiliser. Il n’existe pas une seule façon de faire, mais une multitude (voir les ressources à la fin de l’article). J’en propose deux ici.

 

Ho’oponopono  

Fin 2017 j’ai vécu une période de chaos émotionnel qui m’a poussée à demander de l’aide (s’il y a bien une chose que j’ai apprise, c’est qu’il ne faut pas hésiter à se faire accompagner), j’ai rencontré Charlotte de Silguy dont j’ai parlé plusieurs fois sur les réseaux sociaux tant j’adore sa méthode. Elle aide les personnes qu’elle reçoit à transformer leurs épreuves en ressources. En quelques séances, nous avons pu mettre en lumière les raisons pour lesquelles ce qui était arrivé avait eu lieu dans ma vie. L’accompagnement s’est clôturé sur une prière Ho’oponopono (art de vivre qui vient d’Hawaii), à la fois rituel de pardon et de réconciliation, véritable chemin vers la conscience unitaire. Appliquée à cette situation que je vivais, la prière Ho’oponopono – que je connaissais mais que je n’utilisais pas – a pris alors toute sa logique :

1. Vis-à-vis des acteurs du « drame originel » : Je suis désolée de vous avoir « induit » à jouer ce rôle là dans ma vie
Pour les acteurs qui nous font souffrir aujourd’hui : Je suis désolée de vous avoir obligé à jouer ce rôle qui me montre en miroir les fréquences qui vibrent au fond de moi, ce qui m’invite à les rechercher pour les transcender en trouvant leur utilité dans ma vie
2. Je vous demande pardon car ce rôle (que je vous ai induit à jouer) est ingrat
3. Je vous remercie car cela m’est nécessaire pour comprendre qui je suis et quelle est ma destinée, mon chemin de bonheur, ma voie de plénitude, et enfin accoucher de moi-même
4. Je vous aime car vous avez permis cela

La technique permet de changer de regard sur la situation. Elle peut s’utiliser sur tout ! Essayez 😉
Plus d’infos avec le Docteur Luc Bodin :

Je me formerai prochainement à la méthode Effet Chrysalide de Charlotte de Silguy, qui me servira lors de mes accompagnements coaching (autonomie santé et émotionnel).

 

Les Cercles de Pardon

Il en existe un peu partout en France, je vais à ceux du Forum 104 (14ème). Il y en a une fois par mois organisés par un psychothérapeute (pour trouver un cercle de pardon près de chez vous : Facebook – Cercles de Pardon). Olivier Clerc est à l’initiative de ces rencontres magnifiques, véritables « douches du coeur » comme il les appelle. Des cercles on demande pardon à des inconnus, où l’on demande pardon à ses « bourreaux », où on se demande pardon pour ce que l’on a fait/pas fait mais aussi pour avoir fermé son coeur.

La génèse des cercles de pardon est chouette, le traducteur officiel de Don Miguel Ruiz (chamane mexicain), Olivier Clerc, a été invité au Mexique par le célèbre auteur du livre Les quatre accords toltèques : La voie de la liberté personnelle pour faire l’expérience du pardon au sein d’un groupe où il ne connaissait personne. Don Miguel Ruiz lui a offert la possibilité de demander pardon à chacune des personnes du groupe, et chacun a fait la même chose. Il a vécu intensément l’émotion de cette douche du coeur, sans trop savoir quoi en faire en rentrant… Après plusieurs années il a écrit le livre Le don du pardon : un cadeau toltèque de Don Miguel Ruiz, créé des formations et les cercles de pardons qui sont maintenant de plus en plus répandus. Entre 2012 et 2016 il a aussi organisé Les Journées du Pardon, où il a fait venir de nombreux conférenciers du monde entier, les conférences sont disponibles gratuitement sur la chaine Youtube de l’Association Pardon International (API).

 

Comment se déroule un Cercle de Pardon ?

Certains cercles sont grands, d’autres plus petits, à Paris j’ai fait l’expérience de cercles accueillant entre 25 et 40 personnes environ. Il y a souvent une majorité de femmes, c’est un peu dommage car le féminin et le masculin ont souvent beaucoup de choses à guérir ensemble… C’est la puissance de l’approche transpersonnelle : à travers tous les participants, le pardon s’échange dans les deux sens et nous permet de donner et de recevoir ce pardon, y compris de et à des personnes absentes ou décédées. À travers tel homme, une femme peut recevoir le pardon de tous les hommes qui se sont mal comportés vis-à-vis d’elle. À travers telle personne, je peux demander ou recevoir le pardon.

Le facilitateur (qui est souvent thérapeute, mais pas toujours), fait un tour de cercle où il nous demande notre prénom, ce que nous attendons de ce cercle de pardon.

Ensuite, nous faisons deux petits exercices : 1. Nous écoutons le coeur des autres, directement l’oreille proche de la poitrine, si l’autre est d’accord (nous demandons avant ;-)). L’objectif étant d’entrer en connexion de coeur à coeur et de toucher la vulnérabilité aussi bien que la force contenus dans nos coeurs. 2. Après une méditation, nous déambulons dans la pièce à la recherche de regards, nous prenons le temps de nous regarder dans les yeux et de dire « je te vois » (au sens où l’on dit en Inde « Namasté »,c’est-à-dire : « La lumière qui est  en moi honore la lumière qui est en toi »).

Le cercle de pardon commence véritablement après ces entrées en matière, avec en fait un petit cercle dans un grand cercle avec le même nombre de personnes dans les deux (si c’est un nombre impair, on en profitera pour demander pardon à quelqu’un qu’on imagine). Au premier coup de clochette, les personnes du cercle extérieur disent « Je te demande pardon » à la personne en face d’elles. Le cercle intérieur reste immobile et silencieux. À partir du deuxième coup de clochette, le cercle extérieur tourne d’un cran vers la gauche, dans le sens des aiguilles d’une montre : face à la nouvelle personne, chacun dit à nouveau « Je te demande pardon », à son rythme. Et ainsi de suite à chaque coup de clochette suivant. Lorsqu’un tour complet aura été fait, nous inversons les cercles intérieurs et extérieurs, et nous recommencerons, avec un nouveau tour complet.

Ensuite, on demande pardon :

À nos boucs émissaires, à tous ceux qu’on diabolise, qu’on rend responsables du mal sur la terre, tous ceux dont on utilise les actes ou les paroles comme prétexte à garder leur coeur fermé et à cultiver des sentiments négatifs (ex : terroristes, traders, patrons, gouvernements, etc.).
Au Plus-grand-que-soi, quel que soit le nom qu’on lui donne : Dieu, l’Amour, la Vie, le Grand-Tout, la Terre-Mère, etc.
Enfin, et surtout à nous-même, en s’imaginant l’enfant pur et innocent que nous étions autrefois, ou en visualisant comme l’étincelle divine en nous, et on se demande pardon à soi-même, du fond du coeur.

L’inversion à 180° selon Olivier Clerc / Don Miguel Ruiz : il s’agit de demander pardon, plutôt que pardonner. Demander pardon d’utiliser les actes des autres, d’utiliser le passé, pour garder son propre coeur fermé aujourd’hui. Les autres sont responsables de ce qu’ils ont fait, de ce qu’ils m’ont dit, mais moi je suis responsable de ce que je fais de ce qu’ils m’ont fait ou dit ! Je suis seul responsable des sentiments que je cultive dans mon coeur à moi. L’idée est de se libérer de l’illusion que ce sont les autres qui ont pouvoir de déterminer mon état intérieur. Ce processus me redonne ma liberté et ma responsabilité. C’est aussi une manière de se libérer de l’orgueil et de nos jugements, en adoptant une posture d’humilité et de lâcher-prise.

Lors de certains cercles j’ai beaucoup pleuré, et lors d’autres cercles j’ai ri du fond du coeur sans m’y attendre. On ne peut pas savoir comment ça va se passer, mais dans tous les cas nous prenons le chemin de la libération.

 

Ce que ne signifie pas cette approche du Pardon : « Pardonner n’implique pas qu’on va faire copain-copain avec ceux qui nous ont fait du mal. Pardonner, ce n’est pas non plus cautionner les actes commis contre nous. Pardonner, ce n’est même pas forcément se réconcilier : il faut être deux pour se réconcilier. À chacun de faire sa moitié du chemin. Si l’autre n’a rien compris, s’il n’a pas changé, serait prêt à commettre à nouveau la même chose, la réconciliation ne sera pas possible. Mais le pardon, oui. Pardonner, c’est guérir son coeur, mais nous avons aussi une tête. Et la tête est là pour faire preuve de discernement. C’est le mental qui nous dira comment agir de manière juste à l’égard de la personne qui nous a fait du mal. Dans certains cas, on verra qu’une réconciliation est possible. Dans d’autres, la tête nous conseillera de nous tenir à l’écart de telle personne, potentiellement dangereuse pour nous. Parfois, enfin, on peut même porter plainte au commissariat… tout en ayant fait oeuvre de pardon. Du coup, au tribunal on ira chercher justice… et non vengeance. Ce qui fait une énorme différence. » Extraits du guide déroulé complet d’un cercle de pardon.

 

Le tarif ne dépasse jamais 20 euros. Les thérapeutes qui organisent les cercles de pardon s’y engagent.

Pour aller plus loin j’ai suivi l’atelier Le Don du pardon (pré-requis pour se former à l’organisation de cercles de pardon) que je vous recommande chaleureusement, deux jours d’exercices, de méditations, d’enseignements… riches et bouleversants. Nous avons longuement échangé autour de la question « Peut-on tout pardonner ? » qui a fait l’objet d’un autre livre d’Olivier Clerc, quelques réponses dans cette vidéo avec Lilou Macé :

 

Cheminons, cheminons…

S’engager sur le chemin du pardon nous permet de nous dégager des armures que nous avons construites pour nous protéger, et qui nous embarrassent ensuite. C’est un cadeau que l’on se fait à soi-même, pour sortir de l’illusion que l’autre a un pouvoir sur notre état intérieur. C’est un chemin qui nous permet de vivre le coeur plus ouvert, plus grand, à rencontrer l’autre où il est sans trop se protéger. Un chemin qui nous permet d’accueillir l’amour dans nos vies, sous toutes ses formes

 

 

Lectures conseillées :

Peut-on tout pardonner ? Les principaux obstacles au pardon et comment les surmonter, Olivier Clerc

Le livre du pardon : Quatre étapes pour transformer nos vies et le monde, Desmond Tutu

Pardonner pour de bon : Le secret d’une vie heureuse et en santé, Fred Luskin

Ho’oponopono, Luc Bodin

COMMENT PARDONNER, Jean Monbourquette

Apprivoiser le pardon Meena Goll

Aimer ce qui est – Vers la fin de la souffrance, Byron Katie

Vidéos :

Olivier Clerc sur Youtube / TEDx Talks sur le thèmes du pardon 

À lire aussi sur le blog : Mon plus beau voyage, celui qui va de ma tête à mon coeur


Commentaires

  1. Merci pour cet article!
    Je me sens touchée par ton article (vite fait eu les larmes aux yeux), je ne connaissais pas du tout les cercles de pardon, je vais voir ça! (même si je déteste pleurer devant les autres, déjà que parfois chez ma kinésiologue, je me retiens =x).

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