Pratiquer le Chamanisme, rapport d’émerveillement (mon expérience à Bali)

Pratiquer le Chamanisme, rapport d’émerveillement (mon expérience à Bali)

Très heureuse de partager une nouvelle expérience de soins magnifique ! Cette fois-ci j’ai choisi de poursuivre mes découvertes sur la voie spirituelle, je viens de terminer dix jours de formation au nord de Bali (Tejakula) au sein de la FSS, Foundation for Shamanic Studies. C’est mon troisième séjour à Bali (j’y ai fait un stage en naturopathie il y a trois ans et un autre séjour récemment, vous trouverez plein d’infos ici sur la médecine naturelle en Indonésie et des bonnes adresses à Bali).

Continuer sur le chemin spirituel me paraît évident. Il y a quelques années déjà j’avais senti pendant ma formation en naturopathie que beaucoup de choses s’ouvriraient et que la naturopathie ne serait qu’une étape intermédiaire pour moi. J’ai pris mon temps pour digérer ce que j’avais appris et surtout continuer de guérir mes blessures émotionnelles avec des outils précieux. En intégrant différentes approches de méditation et de relaxation, j’ai aussi appris à calmer un peu mon mental pour mieux me connecter à autre chose que ma tête… et faire de la place pour commencer à voir l’invisible (voir aussi cet article : mon plus beau voyage, celui qui va de ma tête à mon coeur).

Les médecines naturelles traditionnelles retrouvent de plus en plus leur place… ou peut-être que c’est moi qui ne voit plus que ça entre mes voyages, mes amitiés, mes curiosités ? Je le ne crois pas, je pense même que ce n’est que le début d’une vraie (r)évolution. Autour de moi, beaucoup de femmes (surtout des femmes) se forment aux techniques de soins énergétiques et aux pratiques chamaniques, « medicine women » au service de nos communautés qui en ont de plus en plus besoin.

 

Qu’est-ce que le chamanisme ?

Je reprends ici en partie les mots de la FSS qui l’expliquent si clairement : le mot « chamanisme » dérive du mot « chaman »/« chamane » (fém. « chamanka ») ou « saman » d’origine evenk/toungouse (evenki/tungus – Sibérie). Les chamanes sont les hommes/femmes-médecine ou guérisseurs des sociétés traditionnelles. Ce sont eux qui maintiennent l’équilibre spirituel, environnemental et social de leur communauté. Selon l’anthropologue Michael Harner, qui a étudié les cultures chamaniques du monde durant des décennies, les chamanes se définissent selon certains points qui les différencient des praticiens d’autres traditions spirituelles ou religieuses :

– les chamanes ont un contact direct avec des esprits. Ces esprits ne contrôlent pas et n’usurpent pas la conscience du chamane sans sa permission.

– ils contrôlent un état modifié de conscience (le chamane détermine quand entrer et quand sortir de l’état modifié de conscience).

– ils possèdent la capacité de faire voyager leurs âmes (voyage chamanique).

– ils se préoccupent du monde « matériel » normal plutôt que d’atteindre un état d’illumination, la plupart d’entre eux ont d’ailleurs une activité dans le monde ordinaire et sont chamanes « en plus » ! L’ancrage est primordial, il ne s’agit pas de s’échapper dans un monde évaporé.

Le fondement de la pratique de tous les chamanes du monde est le voyage spirituel de l’âme dans « l’autre monde », autrement dit, le voyage chamanique. Par l’intermédiaire du voyage chamanique, les chamanes entrent en contact avec des êtres spirituels – les chamans les appellent « esprits » ou « alliés » -, qui leur apparaissent souvent sous la forme d’animaux (animaux de pouvoir) et d’ancêtres personnels ou mythologiques (guides spirituels). Ces alliés de l’autre monde transmettent au chamane la force et la connaissance qui lui permettent d’effectuer un travail de guérison et d’équilibrage pour soi-même, pour d’autres et pour le monde environnant.

 

Pourquoi on en parle beaucoup maintenant ?

Les anthropologues pensent que le chamanisme est aussi vieux que l’humanité : il s’agirait du plus ancien corpus de pratiques rituelles dans lequel le chamane accède, par diverses techniques, à la réalité non ordinaire, appelée également le monde des esprits, le monde invisible, etc. Toutes les sociétés humaines ont été, à un moment ou à un autre de leur histoire, des sociétés chamaniques. Le chamanisme n’est donc pas un phénomène local limité dans le temps : il est présent partout sur Terre et est extrêmement ancien. Avant l’apparition de l’écriture, des religions monothéistes et de la science moderne, les chamanes étaient les gardiens du savoir et du sacré. Ils personnifiaient le lien intime qui lie l’homme à la nature et s’occupaient de maintenir le subtil équilibre permettant la survie des sociétés indigènes dans leur environnement. Au 20e siècle, la disparition accélérée des peuples chamaniques traditionnels et la nécessité de sauvegarder des pratiques en danger d’extinction a amorcé un retour de la pratique chamanique en Occident. C’est un retour aux sources, une réappropriation d’une partie de notre patrimoine culturel qui a survécu à des siècles de répression.

 

Apprendre et pratiquer le chamanisme

Tout le monde peut « pratiquer le chamanisme ». Le mot chamane est réservé à celui ou celle qui est « destiné » être un.e homme/femme médecine par sa naissance. Celui qui apprend le chamanisme pour en utiliser les outils « pratique le chamanisme ». On peut apprendre le chamanisme un peu partout dans le monde, soit en se rendant dans une tribu locale (qui l’enseignera avec le prisme de sa culture), soit comme moi avec la FSS, qui enseigne les pratiques chamaniques globales sans être attaché à une culture particulière.

On peut aussi l’apprendre à Paris, pas besoin d’aller au bout du monde. J’ai fait le choix de l’immersion dans cette formation pour mieux lâcher la tête car mon agenda à Paris est bien plein, j’adore aussi apprendre à l’étranger pour me nourrir des rencontres internationales (Hawaï, Inde, Thailande, Bali…), et j’aime autant choisir des lieux qui me ressourcent en même temps !

Les praticiens.nes en chamanisme ont un sac avec des outils de guérison et font du chamanisme avec qui ils.elles sont. C’est déjà la façon dont je conçois le soin, beaucoup de personnes m’écrivent pour me demander quelles formations choisir, je réponds souvent « choisissez celle qui vous plait le plus et lâchez la tête, de toute façon vous ferez de la naturopathie/du coaching émotionnel avec qui vous êtes ». Je sens depuis toujours qu’il y a des raccourcis dans les mondes invisibles (non-ordinaires), des espaces où le soin est possible, je suis heureuse d’en faire l’expérience avec le chamanisme. L’équilibre de santé est possible en agissant sur tous les plans de l’être : spirituel, émotionnel, mental, physique, il ne faut en oublier aucun !

 

Mon expérience de la formation

L’enseignant Kevin Turner est un Américain, il dirige la branche de la FSS Asia. On ne lui donne pas d’âge (cheveux bruns, barbe blanche) mais on comprend qu’il est sur ce chemin de recherches et de transmission depuis plus de 50 ans… L’ambiance est studieuse et fun à la fois, entrecoupée d’histoires incroyables de guérison ou travail avec la police américaine (pricipalement de visualisation à distance, remote viewing). Il se définit lui même comme « l’agent d’accueil » qui nous permet de rendre visite à nos guides, qui eux sont nos véritables enseignants. Les cours se déroulent avec une partie théorique et une partie de voyages chamaniques au tambour pendant lesquels nous sommes allongés sur des tapis avec des masques sur les yeux dans un hall de méditation fermé par des rideaux. Il nous arrive aussi de chanter et de danser.

J’ai assisté à 4 cours :

  • Le séminaire de base (the way of the shaman)
  • Les extractions chamaniques (extraction healing training)
  • Mourir, la mort et l’au-delà (dying and beyond)
  • Le recouvrement d’âme (core soul retrieval)

Ce sont les pré-requis pour une formation plus longue que je ferai peut être plus tard avec la FSS (12 jours par an pendant 3 ans). Il y a aussi d’autres séminaires qui me tentent : les rêves, les esprits de la nature, chamanisme et créativité… Ce serait trop long de raconter tout ce qu’il se passe dans chaque séminaire, vous trouverez des vidéos et des lectures en bas de l’article si vous voulez aller plus loin. Le chamanisme se vit plus qu’il ne se raconte… Les antropologues disent d’ailleurs souvent – en regardant avec un oeil extérieur – des chamanes qu’ils font des « performances » alors qu’ils sont en train de fusionner et de parler avec leurs guides, de danser, de chanter, ils voyagent dans les mondes invisibles, que nous ne voyons pas si nous restons « là ».

Affiner ses perceptions

Nos perceptions à chacun sont différentes, certains voient, certains entendent, d’autres ressentent… Je perçois plutôt « avec mon cœur » par exemple, mais je développe d’autres aptitudes au fil de mes voyages. Nous ne nous représentons pas de la même façon ce que nous voyons dans la réalité non ordinaire.

J’ai beaucoup de gratitude pour tous les soins que j’ai reçus pendant ces jours de formation de la part des autres participants. J’en ressors un peu plus proche de ma vérité, nettoyée, rechargée et un peu fatiguée aussi. Il faut un temps d’intégration pour s’ajuster, que tout reprenne sa juste place. Si mon pouvoir spirituel et ma vitalité sont élevés, alors je peux faire l’expérience de la vie différemment. La qualité de ma présence est toute autre ! Je suis mieux connectée à mon intuition, je peux vivre dans le flow de la vie.

 

Quand consulter un praticien en chamanisme ?

Kevin Turner riait en disant que souvent on consulte le chamane en dernier recours, quand on a tout essayé, mais ça change ! Une séance peut-être suffisante pour une divination ou un soin, parfois même les deux en même temps, parfois il en faudra plusieurs (même si c’est toujours une approche brève). Il n’est pas nécessaire de se trouver dans le même lieu géographique, tout pouvant se faire à distance.

Que peut-on en attendre ? Des informations concernant une situation (divination), une plus grande communication avec nos guides, des soins durant lesquels le praticien en chamanisme « enlève » ce qui nous pèse ou « récupère » ce qui nous manque (sans forcément expliquer ce qu’il a fait car c’est souvent difficile à raconter)… On peut tout de suite se rendre compte que quelque chose a changé, ou bien avoir besoin d’un peu plus de temps pour intégrer, c’est tout personnel. Il peut arriver que le praticien revienne aussi avec des conseils, une plante à prendre, un rituel à faire… Souvent en connexion avec la nature.

La tentation est parfois grande d’apporter des analyses de santé ainsi que le diagnostic posé en médecine conventionnel mais le chamane n’en s’en servira pas 🙂 ! Il veut bien en revanche savoir où vous avez mal mais ça ne signifie pas que c’est là où il agira, il suit les guides et ce qu’il perçoit.

Je proposerai prochainement des sessions de chamanisme à distance sur donation. Suivez-moi sur Instagram/Facebook, ça se passera sûrement par là…

 

Le chamanisme est un chemin magnifique vers les dimensions invisibles et notre créativité intérieure. Pour moi qui parle souvent d’autonomie de santé et d’autonomie émotionnelle, c’est l’étape suivante : l’autonomie spirituelle.  Une étape qui nous reconnecte à ce dont nous avons besoin dans cette vie là bien terrienne, tout en continuant de nous émerveiller au quotidien et à nous ouvrir aux signes de la vie.

Il y a beaucoup d’ateliers, d’initiations, de cercles qui sont proposés un peu partout en France et dans le monde, rejoignons-les et prenons encore mieux soin de nous et du monde !

 

Ressources et lectures :

Le site de la FSS.
Ne manquez pas ce documentaire.

>>>> il y a de nombreuses formations en France et dans le monde, n’hésitez pas à partager vos liens en commentaires

Les articles et vidéos de l’Inrees / Inexploré

 

Kevin Turner, CHAMANES CELESTES (Mama Editions)

Gérard Grenet, Vous aussi vous êtes chaman ! Les secrets du bien-être physique, mental et énergétique d’un chaman urbain (Leduc)

Michael Harner,La Voie du chamane Un manuel de pouvoir & de guérison (Mama Editions)

Michael Harner, Caverne et cosmos – Rencontres chamaniques (Mama Editions)

Laurent Huguelit et Olivier Chambon, Le chamane et le psy – « Un dialogue entre deux mondes » (Mama Editions)

Sandra Ingerman, Recouvrer son âme et guérir son moi fragmenté (Tredaniel)

 

Un très beau festival du chamanisme mondial se tient également chaque année en France.


Commentaires

  1. Je pratique ce que j’appelle la méditation du monde intérieur (je ne trouvais pas d’autre nom à lui donner au départ ^^’), c’est une méditation où on se visualise entrer dans notre monde intérieur (une sorte de sanctuaire que l’on visualise). C’est à partir de là que je communique avec mes guides, découvres mes blocages à travers les images de mon environnement intérieur, etc.
    Et en lisant ton article, je me dis que ça ressemble beaucoup à ma pratique du monde intérieur (une femme me l’avait aussi fait remarqué), du coup, j’me demande si je ne serais pas chamane « par hasard », haha!
    Merci pour ton partage d’expérience en tout cas, ce fût un chouette article à lire!

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