S’éveiller à la permaculture (expérience)

S’éveiller à la permaculture (expérience)

En voyage en Thaïlande pendant près de deux mois, j’en ai profité pour m’immerger deux semaines dans un stage de permaculture chamanique. J’y pensais depuis 1 an ou 2 sans me lancer. Faire ce stage dans un lieu exotique me paraissait plus indiqué qu’en France, car j’ai un rêve : vivre un jour dans un lieu où pousseraient des papayes dans mon jardin pour mon petit déjeuner* ! Pourquoi la permaculture ? Pour sortir de ma zone de confort parisienne, passer du temps pieds nus, reconnecter avec la terre, apprendre à faire pousser des légumes… Et aussi sortir un peu du cercle vicieux qui nous gagne tous : l’anxiété de gagner de l’argent pour tout dépenser en boutique bio en ville. Pourquoi chamanique ? Pour notre lien au grand tout. Dans ma démarche, je cherchais aussi une étape d’ancrage sur mon chemin spirituel.

[ Déf. ] La permaculture est une méthode systémique et globale qui vise à concevoir des systèmes (par exemple des habitats humains et des systèmes agricoles, mais cela peut être appliqué à n’importe quel système) en s’inspirant de l’écologie naturelle (biomimétisme ou écomimétisme) et de la tradition. Elle n’est pas une méthode figée mais un « mode d’action » qui prend en considération la biodiversité de chaque écosystème.

La méthode a été théorisée dans les années 1970 par les Australiens Bill Mollison (biologiste) et David Holmgren (essayiste). Le terme permaculture signifiait initialement « agriculture permanente » (permanent agriculture), mais il a été rapidement étendu pour signifier « culture de la permanence » car les aspects sociaux faisaient partie intégrante d’un système véritablement durable.

 

 

Où se former à la permaculture ?

On trouve des formations sur tous les continents, ainsi que des expériences bénévoles pour faire vivre les projets. Car c’est en faisant qu’on apprend ! En règle général, les principes de permaculture ne changent pas à travers le monde, mais ils sont adaptés pour chaque région du monde/climats, donc où votre coeur vous porte.

C’est à Koh Phangan, une île du sud de la Thaïlande bien connue pour ses soirées Full Moon que j’ai posé mes valises, plus précisément à La Casa Shambala pour un cours de 2 semaines intitulé PermaHope Shamanic Permaculture Design Course (SPDC) proposé par un enseignant australien, Marc Clough, dit “Wombat”.

D’abord, quelques mots sur le lieu : une trentenaire espagnole pleine de fougue, Rakel Lopez, loue un beau terrain, sur lequel elle accueille des stages de yoga ou de développement personnel, elle développe les infrastructures avec des volontaires en échange de leur hébergement. Son objectif à moyen terme est que La Casa Shambala (vidéo ici) ait un fonctionnement auto-suffisant avec : un petit restaurant avec les produits du jardin, des ateliers hebdomadaires, des stages de quelques semaines, des produits naturels et simples (comme des savons) préparés avec les plantes du jardin… Tout en créant des emplois pour les voisins du lieux et en participant à la communauté. Magnifique !

Wombat, quant à lui est un homme surprenant ! Il vit en voyage depuis des années : Australie, Philippines, Brésil, Indonésie, Malaisie… Son parcours : éco-constructions, permaculture, reconstructions et assistance sur les lieux dévastés par des catastrophes naturels, préservation des océans… il a dédié sa vie à l’apprentissage et la transmission de ces thèmes passionnants dont nous avons tellement besoin pour avancer dans le bon sens. Son intérêt pour le chamanisme se retrouve aussi dans ses partages, il ne manque pas d’inclure des éléments qui nous relient au grand tout… Et son amoureuse en Australie est naturopathe (il a tout compris) !

 

La permaculture va bien au-delà de construire « son potager »

Nerd parisienne, j’ai appris pieds nus à créer un potager mandala (selon la géométrie sacrée), à faire du compost, à faire une douche en bambou et des toilettes sèches, comment utiliser les ressources disponibles (soleil, eau…), recycler l’eau « grise » issue de la douche/de la cuisine (l’eau des toilettes passe dans un autre système). Tant de questions que je ne m’étais pas encore posées ! Depuis des années je n’utilise que des produits écologiques, j’ai vraiment compris pourquoi c’est important pour l’environnement durant ce stage.
On m’a délivré un certificat, j’ai compris plein de choses mais il y a beaucoup à savoir si on veut vraiment se lancer en permaculture ! Je trouve dommage de n’avoir pas fait ces découvertes plus tôt, mais j’imagine que tout est juste.

Les grands principes de permaculture sont les suivants : prendre soin de la terre et de tout ce qui pousse, prendre soin de soi et des autres ainsi que de toute forme de vie car toute vie est sacrée, vivre pour l’abondance et pas seulement pour subvenir à ses propres besoins (son pré carré), vivre de façon régénérative et pas seulement durable (sustainable)…

 

La responsabilité et l’amour

Au-delà des enseignements techniques et pratiques (50-50%), dispensés dans le jardin ou sur la terrasse avec une vue fantastique, j’ai surtout vécu des choses intéressantes d’un point de vue personnel. Je n’imaginais pas que nous allions tant parler d’amour. Si nous nous aimons, nous nous respectons. Nous respectons notre voisin, la terre et nos responsabilités. Sans se forcer à aucun moment. Inclure le voisinage est alors évident, même si son voisin n’en est pas encore là qu’il ne comprends pas encore notre démarche, l’inspirer plutôt que de lui imposer notre point de vue. Respect et partage. En naturopathie c’est la même chose, c’est en partageant notre mieux-être que l’on inspire les autres à suivre le même chemin.

Vivre en communauté a été pour moi un challenge, en arrivant j’ai fait un peu la tête, j’ai trouvé les lieux un peu « roots » pour moi… même s’ils ne le sont pas tant que ça. J’avais peur de n’avoir aucune intimité et de passer trop de temps avec la communauté alors que j’aime être seule (sociable mais pas trop). J’ai rencontré des Australiens au grand cœur, jeunes et pourtant déjà tellement conscients de leur environnement – et beaucoup plus à l’aise que moi avec une pelle – qui parcourent le monde pour construire des projets comme celui-ci, des Américains drôles et généreux, des Allemands et des Argentins à l’énergie fantastique et magique, des Français et des Canadiens qui ont tout laissés derrière eux pour voyager, faire du bénévolat et découvrir le Monde…  J’ai lâché du contrôle auquel je tiens tant à Paris, et c’est aussi grâce à eux, merci.

 

Ce qu’il y avait peu dans le cours et qui m’a manqué : quelles espèces grandissent bien auprès de quelles espèces. Mais je crois que c’est en passant plus de temps sur le terrain que je peux l’apprendre, avec patience. Une chose est sûre, une espèce qui s’isole (monoculture) est plus sujette à développer des maladies et à attraper des virus… tiens tiens.

* Sur la photo d’illustration de l’article nous tenons un petit papayer, le premier arbre que nous avons planté au milieu du jardin mandala 😉

 

 

Pour aller plus loin :

 

Ressources gratuites à télécharger : guides complets de permaculture (en anglais)

Le site workaway pour trouver des volontariats partout dans le monde

Marcher pieds nus, c’est la santé (et ça me manque déjà terriblement)

Merci Pachamama (musique)

 

N’hésitez pas à partager des liens en commentaires : lieux inspirants, documentaires, livres, personnalités à suivre… Merci ! 


Commentaires

  1. Thank you all for sharing!

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